Droit des entreprises
Un rançongiciel, une fuite de données ou une fraude au virement ne se règle pas comme un sinistre ordinaire : au moment de la déclaration, l’attaque est souvent encore en cours, et les décisions prises dans les premières heures peuvent compromettre la garantie. Le cabinet assiste les entreprises assurées, les assureurs et les réassureurs dans la gestion juridique de ces sinistres au Maroc et à l’international.
Maître Abdelatif Laamrani a longtemps représenté le réassureur national marocain ainsi que plusieurs réassureurs internationaux en matière de règlement de sinistres et d’arbitrage. Il est l’auteur de l’étude Le risque cyber à l’épreuve de l’assurance et de la réassurance mondiales.
Votre entreprise vient de subir une cyberattaque ? Relisez sans attendre la clause de déclaration de votre police et prévenez votre assureur. Conservez les preuves, n’engagez pas de prestataire et ne payez aucune rançon avant d’avoir vérifié les conditions de votre contrat. Contactez le cabinet dès les premières heures.
Le droit marocain ne comporte pas de texte unique sur le sinistre cyber. Plusieurs régimes s’y appliquent :
L’assurance cyber est autant une assurance de service qu’une assurance d’indemnité : l’assureur organise et finance la réponse à l’incident, par ses prestataires agréés. Deux conséquences en découlent. La déclaration doit être immédiate, car un retard peut entraîner une déchéance ou une réduction de garantie selon le droit applicable. Et les frais engagés avant la déclaration, ou sans l’accord de l’assureur, risquent de ne pas être pris en charge.
L’enquête technique commande ensuite tout le dossier : le périmètre des données touchées détermine les notifications, la date de la première intrusion joue sur l’application de la garantie, et le vecteur d’attaque sur la responsabilité d’un prestataire. Nous organisons cette réponse sur le plan juridique et assurons la cohérence entre l’assureur, les autorités et les tiers.
Le droit marocain ne fait pas de la plainte une condition légale de l’indemnisation, mais la police peut l’exiger. La plainte, adressée au procureur du Roi, permet de dater l’incident, de solliciter la coopération internationale et de préparer les recours ; elle présente aussi des inconvénients, comme la communication de pièces techniques sensibles. La décision se prend au cas par cas.
En France, en revanche, l’article L. 12-10-1 du Code des assurances subordonne l’indemnisation à une plainte déposée dans les 72 heures. Un groupe présent dans les deux pays doit donc raisonner sur chaque droit applicable.
Pendant la crise, l’assureur instruit sa garantie et adresse souvent une lettre de réserves. Les contestations portent le plus souvent sur la connaissance antérieure de l’incident, l’inexactitude des déclarations de sécurité, les sous-limites, le calcul des pertes d’exploitation, les frais engagés hors des prestataires agréés et l’exclusion de guerre.
Cette dernière exclusion a pris une importance particulière depuis les affaires NotPetya (Merck, Mondelez) et les exigences du Lloyd’s sur les cyberattaques étatiques, en vigueur depuis mars 2023 (bulletin Y5381). En droit marocain, la clause en base réclamation n’est pas expressément consacrée, ce qui crée un risque d’interprétation lorsque la police locale est soumise à ce droit. Nous intervenons devant les juridictions et en arbitrage.
Les programmes internationaux couvrant le Maroc reposent souvent sur une police locale émise par un assureur marocain et réassurée auprès de l’apériteur du programme ou du marché de Londres (technique de la façade, ou fronting). Nous assistons les assureurs, les réassureurs et les cabinets coordinateurs étrangers sur trois questions décisives pour le Maroc : faut-il notifier, peut-on transférer les données pour les besoins de l’enquête, et peut-on payer.
En défense, nous intervenons devant les autorités, face aux réclamations des personnes concernées et dans les relations avec les clients et partenaires. En recours, l’assureur subrogé ou la victime peut agir contre le prestataire défaillant, sous réserve des clauses limitatives de responsabilité, se constituer partie civile et demander la saisie des avoirs identifiés. L’assuré peut parfois agir contre son courtier en cas de manquement au devoir de conseil.
Pour aller plus loin : notre étude complète.
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